Emmanuel Abiteboul

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© All rights reserved Emmanuel Abiteboul 2021


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Emmanuel Abiteboul 2021

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Emmanuel Abiteboul se situe à la croisée des médiums précisément dans leurs zones de recouvrement, il semble vouloir brouiller les pistes. C’est ainsi qu’il dessine sur les photographies, grave des diapositives, place des micros sur ses pinceaux ... Cette confusion semble au centre de sa pratique et participe de l’étrangeté de son univers. Utilisant souvent des techniques telles que la gravure ou la photographie, il “creuse” dans la pellicule jusqu’à en saboter la fonction reproductrice.

L’artiste entretient un lien fort avec le cinéma qui transparaît dans son travail, à la fois dans les matériaux utilisés (celluloïd, pellicules, projections, sons) mais aussi dans le rapport qu’il tente d’établir avec le spectateur qu’il place comme devant un écran en lui proposant une expérience immersive, séduisante et narrative proche du cinéma. Il puise aussi son inspiration directement dans certains films notamment dans l’oeuvre d’ Andreï Tarkovski. Il y a une double tension qui s’opère au sein du travail d’Emmanuel Abiteboul entre Passé/ Futur et Nature/Culture. Par la présence de nombreux éléments organiques (oiseaux, mouches, papillons) en contact avec des éléments artificiels tels que carte-mère, vidéo ou gravure. Les références au passé (Mantegna, Dürer) se confrontent ainsi à la technologie.L’artiste cherche un équilibre, une géométrie sacrée entre le monde des hommes et celui de la nature sans se posi- tionner chronologiquement.

Il traite le temps dans son élasticité, par superposition de temporalités (oiseau mort avec vidéo d’oiseau vivant, temps de la prise de l’image figurant sur la diapositive et temps de son altération par sa main). C’est l’invasion d’une virtualité en mouvement sur une réalité figée.Paganisme ou christianisme, le sacré est au coeur de sa pratique. Apparaissent des auréoles, points, animaux nat- uralisés, reliques, or, miroirs égyptiens. Il emprunte beaucoup au vocabulaire religieux et à son histoire, travaillantparfois directement à partir d’oeuvres emblématiques tels que le Saint Sébastien de Mantegna. Il se tourne plus vers les mécanismes de mise en valeur, les rituels, et le décorum religieux que vers la foi véritablement. Il semble se servir des procédés de l’histoire religieuse pour sacraliser ses propres symboles souvent issus de l’ordre naturel. Comment la nature contenue, isolée, mise à part, dégage une certaine préciosité et une “spiritualité”?L’artiste agit comme un falsificateur, en “gravant” des diapositives, il altère la réalité figée sur le celluloïd. En en- veloppant un oiseau naturalisé d’une vidéo pour lui donner l’illusion de vie, il tente de sublimer quitte à mentir.À travers ce travail de faussaire, Emmanuel Abiteboul nous parle de la mémoire et des déformations fascinantes qu’elle induit sur la réalité.

De la machine à la main, une falsification poétique s’opère. L’individu est dépossédé de sa mémoire, pour une icône fantôme. Que reste il de l’image tangible une fois retouchée?



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